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A la manière de G. Brassens
La mort du chef
Nous étions toute une bande
Une bande de vrais cons
Pour danser la sarabande
En l’honneur de ce vieux
qu’on
Désespérait de ne
pas
Voir passer d’vie à
trépas.
La boite de bois
d’érable
Etait couverte de fleurs
Et la veuve misérable
Se fendait de quelques pleurs,
Sur une couronne mortuaire
On y pouvait lire en clair :
«A notre chef
bien-aimé
Ses collègues
affligés».
Contenant notre affliction
Dociles, zélés,
hypocrites,
En signe de
bénédiction
Nous l’aspergeâmes
d’eau bénite.
Tandis que le fossoyeur
Pressé de finir à
l’heure
Dejà retroussait ses
manches.
Nous restâmes quelques-uns,
Car pour nous c’était
dimanche,
A compter les cailloux bruns
S ’ammonceler dans la fosse,
Nous amusant comme des gosses
A l’idée que notre
chef
Ressuscitait derechef.
Disciples de Gutenberg
Nous décidâmes alors
qu’on
Pourrait peut-être boire un
verre
A la santé du vieux con-
Frère amateur de virgules
Le mal-aimé à
pustules.
Faisant alors force usage
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D’un droit antique et
barbare
Nous fendîmes le pucelage
De quelques précieux
nectars.
Ouf ! il a lâché la
rampe
Tiré sa dernière
crampe
Dessinons chacun son tour
Un ultim’ deleatur.
Tandis que l’un faisait mine
De pleurer le moribond
Tous les survivants opin-
(n)aient du chef et pour de bon
Tout le monde sursauta
Quand l’un d’entre eux
imita
D’une voix de basse-taille
La voix du chef déjà
roide :
« Et voici la viande froide
! »
Fier de cet épouvantail
Le drôle offrit un magnum
A la santé du bonhomme :
Qu’il vive et qu’il
soit heureux
Ce sont là nos meilleurs
vœux !
Retournant dans l’autre sens
Dieu ! que nous fûmes
surpris :
Comme dit Georges Brassens
Le mort avait fait des
p’tits
A la place du feu chef
Pas bien plus grand que le f
Minuscule et bas de casse
Un nouveau p’tit chef tout
neuf
Mal à l’ais’
sur ses échasses
Trônait imbécile et
veuf.
Nous comprîmes alors trop
tard
Qu’ les chefs ont des
avatars :
A peine morts ils repoussent
Comm’ champignons sur la
mousse.
Un collègue affligé
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