“Fil de laine”  

Parole, parole…
La vie de château

C’est pas la vie d’château
Y faut se lever tôt
Pour aller dans les champs
Atteler les chevaux
Et pis monter là-haut
Jusqu’aux bois des Allemands

Tout doux, tout doux
Tout doux, tout doux

Souffler dedans les mains
Quand il fait froid l’matin
À la belle saison
Remuer les andains
Ça donne mal aux reins
Durant la fenaison

Tout doux, tout doux
Tout doux, tout doux

En même temps qu’le soleil
Les faucheurs sont debout
C’est l’heur’ de boire un coup
Les enfants qui sommeillent
Rêvent de sauterelles
Qui sautent jusqu’au ciel

Tout doux, tout doux
Tout doux, tout doux

Tirer le gros râteau
Au dévers du coteau
C’est bon pour la minceur
Des femmes qui sont lasses
Qui jamais n’ se prélassent
Toujours de bonne humeur

Tout doux, tout doux
Tout doux, tout doux
Char de foin char de paille
Renversés à la Faille
Y faut les décharger
Avec le domestique
Qui serr’ la mécanique
Et qui peut plus marcher

Tout doux, tout doux
Tout doux, tout doux

La jument du Contour
Est bonn’ pour le labour
Mais pas pour la moisson
Au moindre bourdonnement
Ell’ prend le mors au dent
Et file à la maison

Tout doux, tout doux
Tout doux, tout doux

Celle à M’sieur Duvoisin S’épouvante de rien
Au moindre éternuement
Ell’ rue dans les brancards
Ell’ fait le grand écart
À votre grand étonn’ment

Tout doux, tout doux
Tout doux, tout doux

Heureus’ment qu’ v’là l’hiver
Ça va g’ler sur l’Envers
On restera chez nous
Les prés seront déserts
Quand il neige de travers
Sur les feuilles de houx

Et nous, et nous,
On restera chez nous
Et nous, et nous,
On restera chez nous.
Merci le temps

Au loin passent les bateaux
La neige sur les coteaux
En ce dimanche d’hiver
Ce n’est qu’un fait divers

Merci le temps de t’arrêter un instant

Je revois cette chambre
Les braises sous la cendre
Tes bras qui m’emprisonnent
Ta bouche qui me bâillonne

Merci le temps de t’arrêter un instant

Comme tous les amoureux
On ne s’ quitte pas des yeux
On retrouve l’innocence
De notre adolescence

Merci le temps de t’arrêter un instant

C’est pas toujours aux mêmes
De se dire des je t’aime
Le marchand de bonheur
A dit que c’est notre heure

Merci le temps de t’arrêter un instant

Il ne faut que ton charme
Pour faire sécher mes larmes
Pour que l’instant fragile
Devienne moins difficile

Merci le temps de t’arrêter un instant

Se r’verrons-nous un jour
Dans cet hôtel sur cour
Y ferons-nous l’amour
Jusqu’au tout petit jour